Honte, culpabilité: quelle différence?

A première vue, il n’est pas toujours facile de distinguer la culpabilité de la honte. Mais quelles que soient leurs ressemblances, ces émotions possèdent chacune leurs caractéristiques bien spécifiques.

Commençons par les plus évidentes. Alors que la honte relève du domaine de l’être, la culpabilité appartient à celui du faire.

La honte est un sentiment général qui remet en cause la légitimité même de mon être. La culpabilité est une émotion beaucoup plus spécifique et circonstanciée. Elle est directement liée à ce que j’ai fait ou à ce que j’ai omis de faire. Je me sens coupable d’avoir insulté un voisin trop bruyant ou de ne pas avoir rendu visite à une vieille tante. 

La honte est une émotion beaucoup plus archaïque que la culpabilité. Elle se développe durant les toutes premières années de notre existence. Son apparition précède souvent celle de la parole. Pour sa part, la culpabilité se manifeste à un âge beaucoup plus avancé. L’enfant l’expérimente au moment où il est capable de comprendre le lien de cause à effet qui existe entre une action et ses conséquences.

Faire face aux conséquences

La culpabilité se rattache à la notion religieuse du péché par « action » ou par « omission ». Nous voilà confrontés à une question fondamentale: Comment nous faut-il vivre pour éviter d’être en proie à cette émotion et de faire face à ses conséquences conscientes et inconscientes?

La culpabilité nous met face à nos responsabilités. D’où son caractère désagréable. Il nous arrive parfois de déployer une énergie colossale pour ne pas la ressentir. Certaines personnes en arrivent même à refuser toute forme de responsabilité. Elles se posent systématiquement en victimes. Elles rejettent toujours le blâme sur les autres. C’est toujours de la faute de leurs parents, de leurs professeurs, de leurs collègues, de leur chef, de leur pays…

Double peine!

La culpabilité nous coupe des autres. Comme nous avons tendance à taire ce dont nous nous sentons coupables, nous nous enfermons dans le secret. Il nous devient dès lors plus difficile de communiquer de manière directe et intéressante avec notre entourage. Cette dégradation de la qualité de la relation représente pour nous une double peine. A la souffrance de la culpabilité s’ajoute celle de l’isolement.

S’étant montré désagréable avec l’un de ses proches, Vincent refuse de se rendre à un dîner où il pourrait le croiser: « Amusez-vous sans moi. Je ne suis pas d’humeur très causante ce soir. » Vincent souffre en réalité d’avoir blessé son camarade. Incapable d’assumer les conséquences de sa colère, il préfère rester seul. D’autant plus qu’il craint de recommencer.

Vincent ne reviendra pas sur le sujet et ne présentera pas d’excuses à son ami. C’est ainsi que se met en place un cycle de communication inachevé. Vincent s’est coupé de l’autre car il n’a pas été en mesure de lui faire complètement connaître ses pensées. Il s’est également coupé de lui-même car il lui a été impossible de vivre totalement les émotions qui leurs étaient associées.

La mauvaise foi comme unique recours

Au fil des années, de telles situations se multiplient. Des couches successives de pensées et d’émotions coupables se sédimentent dans notre mental. Cette culpabilité lancinante finit par nous devinir intolérable. Nous perdons progressivement l’estime de nous-mêmes. C’est à ce stade que notre culpabilité alimente constamment notre honte.

Apparaît alors un mécanisme destiné à soulager notre malaise grandissant. Il consiste à minimiser l’importance de nos fautes en dénigrant les personnes auxquelles nous avons porté préjudice. Nous les affublons généralement d’un défaut que nous refusons de voir chez nous: « C’est vrai que je n’ai pas rendu visite à ma tante mais cette vieille bique est tellement égocentrique qu’elle ne m’aurait parlé que d’elle pendant deux heures. J’ai mieux à faire! »

Karma is a bitch

Ce mécanisme de dénigrement a cependant ses limites. On ne se débarrasse pas si facilement du poids de la culpabilité! Refoulée dans l’inconscient, elle nous mine et nous divise contre nous-mêmes.

Cadre d’une banque d’affaires réputée, Nicolas a comploté derrière le dos d’un collègue. Ses manoeuvres sournoises ont fini par entraîner le licenciement de ce dernier. Lorsqu’il en parle à des amis, Nicolas affirme tranquillement: « Je sais que c’est dur, mais je n’avais pas le choix. Rendez-vous compte, c’est ma place qui était en jeu. C’était lui ou moi… Et puis la vérité, c’est que Jérôme était nul. Il se serait fait viré de toute façon. Alors un peu plus tôt ou un peu plus tard… » Mais Nicolas a beau faire, il ne peut échapper à sa culpabilité. Ses beaux discours n’empêchent pas son ulcère à l’estomac d’empirer. L’inconscient est un juge sans pitié.

Jean-Christophe Vidal


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